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Foto Inklusionsliga
26 Aoû 2026

«Réduire son empreinte, laisser une trace positive»

Le classement de durabilité 2025/26 de la Swiss Football League (SFL) et de Responsiball montre où en sont les clubs dans les domaines de l’environnement, du social et de la gouvernance. Mais quel impact un tel classement peut-il réellement avoir? Dans quelle mesure les bons résultats dépendent-ils des moyens financiers d’un club? Et quel rôle la ligue elle-même joue-t-elle? Ranusan Chandrapalan, responsable du développement durable à la SFL, évoque sa motivation personnelle, les progrès réalisés par les clubs et les domaines dans lesquels le football peut avoir le plus grand impact sur la société.

Ranusan, qu’est-ce qui te motive personnellement à faire avancer le développement durable dans le football ?

Pour moi, le développement durable dans le football comporte deux dimensions. D’un côté, il s’agit de réduire notre propre empreinte négative, par exemple en diminuant les émissions ou en luttant contre les discriminations. De l’autre, le football possède un énorme pouvoir de rayonnement. Il touche un très grand nombre de personnes et peut les inciter à contribuer à des évolutions positives.

Porträtbild Ranusan Chandrapalan
Ranusan Chandrapalan travaille comme responsable du développement durable à la Swiss Football League.

On pourrait parler d’empreinte et d’impact positif: nous devons réduire les effets négatifs de nos activités et assumer nos responsabilités, tout en utilisant le pouvoir du football pour avoir un impact positif sur la société. C’est ce que je trouve particulièrement intéressant. Et la SFL offre une bonne plateforme pour cela, car elle permet de déployer des idées et des projets à l’échelle de toute la ligue et ainsi d’accroître leur impact.

Au-delà du classement en lui-même, que doit permettre le classement Responsiball ?

Le classement doit avant tout favoriser le progrès. Il montre aux clubs les domaines dans lesquels ils sont déjà bien avancés et ceux où il existe encore un potentiel d’amélioration. Nous souhaitons à la fois soutenir les clubs qui n’en sont encore qu’au début sur certains sujets et aider ceux qui font déjà beaucoup à continuer de progresser.

Tout le monde n’a pas besoin de réinventer la roue. Lorsqu’un club a développé une bonne solution, celle-ci peut éventuellement être adaptée pour fonctionner également dans un club disposant de moins de ressources. C’est précisément à cela que servent nos groupes de travail et groupes spécialisés, au sein desquels les clubs partagent leurs expériences et leurs bonnes pratiques.

Il est également important de préciser que le classement constitue avant tout un état des lieux et un instrument d’amélioration continue. Un score élevé ne signifie pas qu’un club est entièrement durable, mais indique dans quelle mesure il aborde les différents domaines de manière systématique. Parallèlement, les exigences évoluent constamment. L’essentiel est donc que les clubs poursuivent leur développement de manière continue.

Tabelle Responsiball Ranking 25-26 Super League
Tabelle Responsiball Ranking 25-26 Challenge League

On remarque que de grands clubs comme YB et Bâle figurent parmi les mieux classés. Le développement durable est-il finalement aussi une question de budget ?

Les ressources jouent effectivement un rôle. Dans le football, ce n’est pas différent de ce que l’on observe dans l’économie. Dans le domaine de la gouvernance notamment, les clubs plus grands et plus professionnalisés disposent de certains avantages. Pour les questions environnementales aussi, des ressources humaines et financières supplémentaires peuvent permettre d’avancer plus rapidement dans la mise en œuvre des projets. Mais il ne faut pas en conclure que le développement durable est réservé aux grands clubs. De nombreuses mesures peuvent également être mises en œuvre avec des moyens limités. Le développement durable peut même permettre de réduire les coûts. Dans le domaine de l’énergie, nous constatons par exemple que certains investissements peuvent entraîner une baisse des coûts d’exploitation.

Foto Inklusionsliga
L’Inclusion League a été lancée en 2025 conjointement par la fondation Football is More et les clubs de la SFL. Elle s’adresse aux personnes en situation de handicap et les réunit avec des joueuses et joueurs sans handicap.

Dans le domaine social, le lien avec la taille du club est de toute façon beaucoup moins marqué. L’attitude et la philosophie du club jouent ici un rôle déterminant. Les plus petits clubs peuvent même disposer de certains avantages: ils sont parfois plus proches des gens, les circuits décisionnels sont plus courts et certaines mesures peuvent être mises en œuvre plus rapidement. Il ne s’agit donc pas uniquement de savoir quelles ressources sont disponibles, mais aussi de voir avec quelle constance un club s’engage sur ces questions.

Quel rôle la SFL joue-t-elle dans ce processus: fixer des exigences ou soutenir les clubs ?

Les deux sont nécessaires. Sur certains sujets, il faut des attentes et des orientations claires. Mais en tant que ligue, nous ne voulons pas simplement brandir l’index. Notre rôle consiste aussi et surtout à soutenir les clubs et à impulser de nouvelles évolutions.

Nous mettons pour cela en œuvre nos propres projets auxquels les clubs peuvent participer, comme récemment le Carpooling ou l’Inclusion League. En parallèle, nous encourageons les échanges entre les clubs. Lorsqu’un club peut montrer, sur la base de sa propre expérience, qu’une solution fonctionne, cela a souvent davantage d’impact que lorsque nous imposons quelque chose en tant que ligue.

Grafik Carpooling
La plateforme de covoiturage permet aux spectatrices et spectateurs de se rendre ensemble aux matchs à domicile et à l’extérieur. Le covoiturage permet de réduire les frais de déplacement et les émissions, de fluidifier le trafic les jours de match et de favoriser les trajets partagés.

Nous regardons également au-delà de la Suisse: que font les autres ligues et les autres clubs? Qu’est-ce qui fonctionne déjà chez nous? Et comment pouvons-nous rassembler ces connaissances et les rendre accessibles aux clubs? Dans ce processus, la ligue ne doit pas uniquement contrôler, mais aussi soutenir les clubs et montrer elle-même l’exemple.

Cette approche est-elle désormais bien ancrée dans les clubs ou le développement durable reste-t-il parfois perçu comme une obligation ?

L’évolution est clairement perceptible. Lorsque j’ai commencé chez YB il y a environ quatre ans et demi comme responsable du développement durable, une telle fonction était encore inhabituelle. Aujourd’hui, plusieurs clubs ont des personnes qui se consacrent principalement, voire entièrement, à ces questions. Cela montre que le sujet est de plus en plus ancré dans les structures.

Bild Sustainability Award
Avec le Sustainability Award, la SFL récompense des projets de développement durable particulièrement remarquables.

Bien entendu, la motivation varie selon les clubs et les thématiques. Sur des sujets sociaux très concrets, comme la protection de l’enfance et de la jeunesse, nous constatons par exemple un engagement très important. Les personnes concernées comprennent immédiatement pourquoi ces questions sont importantes, apportent leur expérience et souhaitent développer ensemble des solutions. Sur des sujets plus abstraits, comme un bilan CO₂, il est parfois plus difficile de susciter le même enthousiasme.

Les raisons qui poussent un club à agir diffèrent également. L’impulsion vient parfois directement de la direction et est portée du conseil d’administration jusqu’à la direction opérationnelle. Dans d’autres cas, les sponsors ou la perception du public jouent un rôle. Et un classement peut lui aussi éveiller un certain esprit de compétition: lorsque l’on voit que d’autres obtiennent de meilleurs résultats, cela donne naturellement envie de progresser à son tour.

Dans quel domaine le football peut-il avoir le plus d’impact en matière de développement durable ?

À mes yeux, la plus grande force du football se situe dans le domaine social. Nous pouvons y faire davantage que simplement réduire nos impacts négatifs. Nous touchons directement les gens et pouvons, grâce à certains projets, provoquer des changements dont les effets vont au-delà du football.

Sur les questions environnementales, nous devons en revanche aussi faire preuve d’autocritique. Avant d’expliquer aux autres comment ils devraient se comporter, nous devons commencer par continuer à réduire notre propre empreinte. Le football pourra également jouer un rôle de modèle dans ce domaine, mais nous avons encore du travail devant nous. Plusieurs thématiques concrètes figurent ainsi parmi nos priorités pour la saison en cours. Avec Swiss Recycle, nous nous penchons par exemple de manière plus approfondie sur la gestion des déchets dans les clubs. Dans le domaine social, nous allons poursuivre et renforcer notre travail autour de la protection de l’enfance et de la jeunesse. À cela s’ajoutent des sujets tels que l’inclusion, l’accès aux stades pour les personnes en situation de handicap et la lutte contre les discriminations.

Au final, il s’agit toujours de conjuguer les deux dimensions: réduire notre propre empreinte tout en utilisant la force particulière du football pour renforcer notre impact positif sur la société.